Monday, December 6, 2010

Cormac McCarthy - De si jolis chevaux


De si jolis chevaux mais pas un si joli style. Soit. Il faut avouer que le tic de McCarthy qui consiste à ne pas (ou presque pas) utiliser de ponctuation, de ne pas délimiter les dialogues ou encore de dire qui parle demande un certain temps pour s'y adapter (un euphémisme). Mais il faut aussi reconnaître que cette même écriture pénible apporte à l'atmosphère du roman, un côté plus copain, plus dans l'instant.
L'histoire se déroule comme une mémoire parcellaire, s'attarde sur des points sans intérêt, survolant d'autres plus importants. On croirait presque l'auteur sous influence d'un substance ou l'autre parfois. L'histoire est cependant accrocheuse, elle se déroule doucement, inéluctablement, fatalement. Un fatalisme très présent dans le roman et surtout dans son personnage principal qui est plus fataliste que Jacques le Fataliste lui même. Ses réactions sont imprévisibles, non préméditées et il s'y tient et puis subit les conséquences de manière résignée. Pourtant on a envie de s'y attacher à ce personnage mais pour quoi? Parce qu'il a une droiture examplaire? Parce qu'il est l'enfant de dieu parfait qui traverse les épreuves (oui Dieu est aussi très présent même si les personnages ne sont pas spécialement croyants leur culture en est teintée).
Difficile de juger au final, le livre n'est pas mauvais loin de là mais il n'est pas non plus intéressant. Il a cependant un parfum de liberté, chèrement payée.

Thursday, December 2, 2010

The Knife - Pass this on


The Knife - Pass This On
envoyé par kosovarde__. - Clip, interview et concert.

Very weird clip where a female impersonator lip synch the voice of the singer Karin Dreijer (also sings in Royksopp - This must be it). Like her voice.

I'm in love with your brother
What's his name?
I thought I'd come by
To see him again
When you two danced
Oh what a dance
When you two laughed
Oh what a laugh
Has he mentioned my age love?
Or is he more into young girls with dyed black hair?
I'm in love with your brother
I thought I'd come by

I'm in love with your brother
Yes I am
But maybe I shouldn't ask for his name
And you danced
Oh what a dance
And you laughed
Oh what a laugh
Does he know what I do?
And you'll pass this on, wont you?
And if I ask him once what would he say?
Is he willing?
Can he play?

If I ask him once what would he say?
Is he willing?
Can he play?

Does he know what I do?
And you'll pass this on, wont you?
And if I ask him once what would he say?
Is he willing?
Can he play?

Friday, November 26, 2010

Monsters (2010)



Quel titre horrible, mal choisis pour un film qui mériterait bien mieux.
Ce n'est PAS un film d'horreur, à peine de science fiction (fiction serait un terme plus juste) encore moins un film d'action. Même si l'ambiance et le grain du film fait penser à des titres plus récents tels que District 9 (qui n'était au final qu'un film d'action moyen) ou Cloverfield (déjà plus intéressant même si plus axé catastrophe) Monsters n'a pas grand chose à voir avec ces blockbusters.
Premièrement ce que je retire du film c'est l'ambiance, l'atmosphère, le réalisme (le fait que beaucoup d'acteurs/figurants ne sont pas des acteurs joue). Que font les hommes en un temps où ils sont prisonniers, malmenés par la vie? Ils continuent à vivre. Une zone en quarantaine remplie de créature "alien" voilà tout ce qui se rapporte au titre, le film lui n'utilise cela que comme un décor. Ce qu'on suit c'est surtout le voyage que font deux personnes à travers cette période, ce décor. Et là le film prends tout un sens, humain d'abord, comment les gens se résignent ou non, la survie, la mort mais aussi poétique parfois avec des certaines scènes qui touchent et qui font penser que le réalisateur a pris le temps de raconter une histoire. Bref j'ai aimé, beaucoup même, l'ambiance de ce film, l'histoire qui m'était contée et je regrette qu'avec un titre pareil beaucoup seront déçu parce qu'ils attendront autre chose alors qu'il y'a quand même des choses à voir/trouver ici. A apprécier comme si demain tout pouvait basculer. edit: bizarrement après vision du blu ray il semblerait que le filtre flou de certaines scènes à disparu, enlevant ainsi beaucoup du charme du film qui devient alors une simple histoire un peu banale

René Fallet - L'amour baroque



Je termine la trilogie de Régis Férier (les principaux livres de la veine whiskey) par le début. ça arrive. Je continue à préférer le troisième (l'Angevine) qui me semble le plus abouti. Ici Régis Ferrier (ou René Fallet si vous voulez) est encore jeune dans la douleur, dans le déchirement, le début du livre est d'ailleurs presque enjoué par les souvenirs. RF (appelons le donc ainsi) en fait des tonnes mais pas de trop, il fonce à l'assaut sans cesse que ce soit de l'amour, de l'humour ou de la souffrance. Ses jeux de mots virevoltent, certains font mouche d'autres sont insignifiants, ratés mais il est fait ainsi. Séducteur involontaire il met tout ses espoirs dans la femme, celle qui veut être femme, celle qu'il fait femme et est souvent déçu de les voir humaines, hésitantes, mères ou amantes là où il les voudrait saintes de l'amour, vénérées et offertes qu'à ceux qui les méritent. Déçu il est et le restera donc toute sa vie. Car ces livres parlent bien de la descente aux enfers, une sorte de testament d'une histoire vécue ou à peine vécue qui aurait pu être (avec de hautes branches). Bref touchant souvent, amusant parfois, la veine whiskey de l'auteur touche et RF mérite le respect dû aux combatants tombés au combat tout en sachant qu'il est reparti à l'assaut encore et encore jusqu'à la fin.
Un livre pour ceux qui ne sont pas totalement naïfs, bebêtes au point de trouver la vie belle comme dit l'auteur.

Tuesday, November 16, 2010

L'heure trouble - Johan Theorin


Mouarf...de temps à autre un roman policier pourquoi pas mais s'il pouvait dépasser le statut de roman de gare ça ne ferait pas de mal. On est vraiment face à l'archétype de l'enquête menée par des gens qui n'y connaissent rien pour donner envie à tout un chacun de jouer son petit détective privé. Sauf qu'ici en plus de ne pas être crédible on se retrouve à une enquête plate, une construction de roman tellement claire qu'il n'y a pas de surprise et à vrai dire assez inintéressante de toute façon. Pourtant le début du livre laissait présager un minimum d'intérêt, la disparition d'un enfant dans la brume, un homme à moitié fou/violent qui le rencontre, une mère des années plus tard dépressive hantée par l'événement. Seulement voilà les personnages ne sont pas fouillés, ne se parlent pas où peu histoire de sauvegarder le peu de suspence du au manque d'imagination de l'auteur. La traduction est correcte sans relever le niveau du livre (on ne peut pas trop en demander non plus). Bref c'est mauvais mais ça se laisse lire, briser la glace en cas d'ennui profond.

Thursday, November 4, 2010

L'armée du Crime


(je préfère illustrer cette petite critique par la chanson d'Aragon chantée ici par Monique Morelli (mais aussi chantée par J. Bertin, L. Ferré,...)

Difficile de critiquer un film qui a déjà le mérite d'exister. (je n'ai pas vu le précédent). Premièrement les acteurs principaux sont très bons (Robinson Stévenin particulièrement), les secondaires beaucoup moins et je dirais que les figurants sont un peu misérables mais bon... Le film prends quelques libertés historiques, soit, c'est un film. Il se laisse voir, un peu longuet sans que ça en devienne gênant. Il y'a cependant quelque chose qui me gêne énormément c'est que Paris ne parait pas en guerre, il aurait suffit de quelques détails (sacs de sables, adhésif sur les vitres, pas de parre terre de fleurs,...) pour que ce soit plus crédible. Détail vous dites? Hélas non car ce simple fait rends l'action des partisans suspectes, leur enlève une partie de leur raison de résister et rejoint alors plus le titre du film "L'armée du crime". En plus du caractère impulsif de marcel raymon on pourrait presque y croire que s'en sont des criminels si on ne connaissait pas un peu leur histoire. Je trouve ça dommage, pire dommageable.
Reste qu'il est bien que la mémoire de ces 23 soit rappellées, ravivée eux qui ont aidé à ce qu'aujourd'hui l'on "demeure dans la beauté des choses".

Pierre Magnan - Laure du bout du monde


Que dire de ce livre qui ne nous raconte pas vraiment une histoire. Déjà qu'il sent bon. Un petit village perdu des années 50, même pas un village, une ferme. Une enfant, Laure, non voulue qui n'aurait pas dû survivre mais qui le fait et dont on suit le cheminement de malheur en bonheurs refusés mais qu'elle cueille quand même. Son chemin aurait pu être pire mais on ressent la perte d'une enfance, les coups qui font trébucher l'innocence. Mais Magnan parle surtout du pays, de la nature des hommes qui y vivent. Un temps qui n'est plus et qui vit à travers le livre. Touchant sans être larmoyant, simple parce qu'au final c'est comme ça que c'était.
Une lecture rapide, agréable et dont le parfum reste.

Monday, October 25, 2010

Jean-Philippe Jaworski - Gagner la guerre




Terminé jeudi passé ce roman dont on me disait tant de bien (à raison je le dis dessuite). J'ai tendance à éviter la fantasy française qui ne correspond en général pas à mon besoin de réalisme et de noirceur dans ce type de romans. Mais Jaworski a su insufflé à son texte une côté exotique et prenant qui mérite le détour.

J'ai bien sûr des choses à redire par ci par là, premièrement l'auteur savait probablement qu'en tant qu'auteur français il n'aurait droit à aucune indulgence de ses pairs concernant la langue française, là où de nombreuses traductions laissent à désirer où ont leur lot de coquilles. Il a donc fait d'énorme efforts, pour ne pas dire trop d'efforts, le début du roman emprunte un style légèrement ampoulé et Jaworski distille du vocabulaire châtié par ci par là, parfois mal (disons que certaines expressions en deviennent presque ridicule ou que parfois celà semble hors du texte) et j'aurais préféré un style plus direct comme dans le reste du roman. Car même si le héro évolue dans la haute société il n'en reste pas moins qu'un simple sicaire.

Ce héro parlons-en, son côté bougon râleur fait très français et fait plaisir à lire reste que c'est un homme qui parfois oublie le côté humain. Benvenuto Gesufal ne se fait pas d'amis peu importe le temps passé avec, il se méfie de tout le monde ou même quand ce n'est pas le cas leur en voudra pour une raison ou une autre. Ce côté de son personnage ajouté à certaines de ses réactions épidermiques rendent le personnage un peu moins crédible qu'il pourrait l'être mais on l'accepte de bon coeur.

Reste donc un monde riche que j'ai préféré à celui de Locke Lamora (Scott Lynch) et qui est impitoyable tout en sauvegardant des apparences respectables. L'intrigue s'étoffe au fil des pages mais s'essoufle un peu vers la fin moins réussie (ou plus simple), on a pas ici de grande surprise ou de constructions dans le but de tenir le lecteur en haleine, on le balade et bien. Le côté fantasy est presque anecdotique (et celui qui est présent je dirais presque inutile) mais on voyage vraiment et rien que pour ça je ne peux que recommander le livre.

Monday, October 11, 2010

Gilbert Sadi Kirschen - Six Amis Viendront Ce Soir


Terminé mardi passé, c'est un livre que j'ai lu plus par curiosité familiale (un de mes oncles ayant été sous les ordres de Mr Kirschen) qu'autre chose. La lecture fut rapide et agréable. Tout d'abord je dois dire que l'auteur fait preuve de beaucoup d'humilité quant on voit les risques énormes que ces hommes (dans ce cas précis les SAS belges pendant la seconde guerre mondiale) ont pris on ne peut que ce sentir humble mais ce qui touche encore plus ce sont les actions des résistants et autres habitants qui ont pris (souvent spontanément) des risques inconsidérés pour aider ces soldats tombés du ciel par petits groupes (4 ou 5 par mission). Les coups de chance font sourire, la maldonne inquiète, on pense à ceux qui "n'en sont pas revenus". Bref touchant est le mot et malgré le peu de détails (Mr Kirschen va à l'essentiel en s'attardant principalement sur les moments de réconforts, ne se plaint pas de la dureté, des blessures et autres tracas du quotidien) l'auteur est arrivé à son but.
Dans un climat en belgique où l'on parle de collaboration comme d'un fait marginal il est doux de voir et de se souvenir de ceux qui l'ont vécue cette guerre et ont aidés à son dénouement.

Sunday, October 10, 2010

Leonard Cohen - Waiting for a miracle



Baby, I've been waiting,
I've been waiting night and day.
I didn't see the time,
I waited half my life away.
There were lots of invitations
and I know you sent me some,
but I was waiting
for the miracle, for the miracle to come.

I know you really loved me.
but, you see, my hands were tied.
I know it must have hurt you,
it must have hurt your pride
to have to stand beneath my window
with your bugle and your drum,
and me I'm up there waiting
for the miracle, for the miracle to come.

Ah I don't believe you'd like it,
You wouldn't like it here.
There ain't no entertainment
and the judgements are severe.
The Maestro says it's Mozart
but it sounds like bubble gum
when you're waiting
for the miracle, for the miracle to come.

Waiting for the miracle
There's nothing left to do.
I haven't been this happy
since the end of World War II.

Nothing left to do
when you know that you've been taken.
Nothing left to do
when you're begging for a crumb
Nothing left to do
when you've got to go on waiting
waiting for the miracle to come.

I dreamed about you, baby.
It was just the other night.
Most of you was naked
Ah but some of you was light.
The sands of time were falling
from your fingers and your thumb,
and you were waiting
for the miracle, for the miracle to come

Ah baby, let's get married,
we've been alone too long.
Let's be alone together.
Let's see if we're that strong.
Yeah let's do something crazy,
something absolutely wrong
while we're waiting
for the miracle, for the miracle to come.

Nothing left to do
when you know that you've been taken.
Nothing left to do
when you're begging for a crumb
Nothing left to do
when you've got to go on waiting
waiting for the miracle to come.

When you've fallen on the highway
and you're lying in the rain,
and they ask you how you're doing
of course you'll say you can't complain --
If you're squeezed for information,
that's when you've got to play it dumb:
You just say you're out there waiting
for the miracle, for the miracle to come.

Friday, October 1, 2010

Steven Erikson - Memories of Ice



Reading in english is not an easy task when you're not used to it, especially when it's such an epic novel as Steven Erikson's. But alas the fact that translation to french has been stopped I felt complied to continue the "Tale of the Malazan book of the fallen". I had mixed feelings about the two first tomes. The story is epic, it breaths epic from everywhere and I enjoyed that. The world is complex, difficult to grip in one overview (even several) and I was ok with that as well even though it causes me a lot of troubles while reading to discover who is who.
I was more chilly about the story itself so far (good but not outstanding even though I really enjoyed the tricky games played between gods and mortals) and the way the book is built. Having several characters/point of views in the same chapter is really causing me troubles during reading. Memories of Ice is no different in that regard except for the story part.
So apart from the missing vocab here and there I managed through the 1200 pages of the book, struggling to remember who was who when some people reappeared from the first or second tome that I had long forgot about. (hey been a while). Struggled with some part of the universe K'lan Che Mal, T'lan Imass etc...damn so many names so it took me about a full month to read the first 100 pages and I almost gave up but I didn't. And I'm glad I didn't. The books builds up some strong characters (not the most in depth that I have read, Martin or Bakker are stronger in that regard but definitely characters who have a strong, vibrant feature each.) and the fate they meet and go through is just mindblowing, gripping and difficult.
I enjoyed in Bakker's book the way the crusade was going on and on without hope to its death or worse. And I enjoy in Erikson's book the way people are mere pupets, at most players in a game that is bigger than any of them even of gods. There is some fatality in it but also the way some break it. It's definitely a big scaled book for a huge scaled story and I'm eager to continue my journey.

Tuesday, September 28, 2010

Jacques Bertin - Je parle pour celui qui a manqué le train


paroles non officielles

Translated to English here.

Je parle pour celui qui a manqué le train
et qui reste tout seul sur le quai, il s'en moque
Toulouse, éternité, soixante années de train
Qu'est-ce que c'est que ce ticket qu'on m'a mis dans la main

Je parle pour celui qui a manqué le train
Il s'en voudrait de s'embarquer dans ce voyage
et de vivre il s'en fout, sa vie de lui s'éloigne
Dans le wagon de joie de vivre des premières et il s'en fout

Ce train sent la sueur, les femmes qui rigolent
Les cris d'enfants, la gueule rasée des officiers
Le regard suffisant des femmes engrossées
Les causes, les drapeaux, le bon marché, la révolte

C'est un matin très gris, très beau d'une province
Tu vas dans le silence des étals et des balcons
Tu marches dans la rue tu t'en fous, tu te moques
De toi, de tout, de rien, de ta vie qui s'en va
Ce serait chouette de partir tout seul pour un voyage
La vie rêvée, la mort qui tremble de parfums
Et dans le paradis sans bruit, comme une enfance
Où s'en vont les linges de femmes paraît-il

Tuesday, September 21, 2010

Jacques Bertin - Les Anglais bombardaient les ponts


Translated to English here.

Paroles non officielles.

Les Anglais bombardaient les ponts
C'était les noces de mon père
Le bal les cris les vendanges c'était la guerre
La nuit de noces à pieds fourbu très tard chez une tante de curé

Mon père qui n'allait jamais
verser les filles dans les vignes
Qui regarde ma mère et tout ce temps passé
Ta paille qui s'en va dans le courant de Loire Jusqu'aux ponts de Cé

Mon père prépare les plans
Ma mère prétends qu'il est fou
d'une maison encore plus près du soleil
Ta mère y sera bien sur son tricot dans un jardin très beau, très doux.

Mais je n'aime pas le tricot.
Ma mère parle des enfants
Elle dit des mots sur l'amour et sur le temps
Comme un verre fêlé et qui sourit et vivre ça dure longtemps

Vieux père tu penses à ton fils
avec qui tu parles des femmes
Ta soeur elle ferait bien de prendre un amant
Dieu lui pardonnera la fleur dans l'oeil. Il ne faut rien dire à maman

Allez l'église du bon dieu est trop petite maintenant
trop de silence dans les cartons de maman
Deux nuits de veille on fera en deux fois le prochain déménagement

Ce sera un matin d'automne
et de la pluie sur les jardins
Je serai quelque part vers Bordeaux dans un train
Avec des inconnus je parle et je ne serai pas chez nous demain

Tu es dans ton auto tu songes,
ton père est seul au rendez-vous
La lumière du jour est blême tout d'un coup
de ta vie tu as honte, un coup de téléphone et ce n'est pas beaucoup

Ton père est très loin de sa voie,
il marche seul et on lui parle
Il pense à des photos où son fils était là
Mon fils il dit qu'il ne croit pas en Dieu mais le visage de maman

Et le père dit donc au bon dieu,
pour une fois je veux bien
et si c'est de ta part s'il vient je ne dis rien
Qu'il me donne discrètement quelques nouvelles fraiches de maman

C'est une nuit d'hiver très tard
il pleut dehors l'hotel est vide
le veilleur de nuit à un sourire très doux
Il dit ma mère lui prête son châle et quelle chambre voulez vous?

Thursday, September 9, 2010

Jacques Bertin - Ne Parlez pas


Paroles non officielles
Translated to english here.
Ne parlez pas de pays inconnus
Ne parlez pas de vivre une autre vie
Ne vous hissez pas sur vos pieds pour voir un autre monde
Il y a ce collet à chaque geste, il vous étrangle

Parlez de la douleur de ce pays amer
Où les corbeaux surveillent la semence
Apprenez vous à vivre dos cloué
Ce couteau qui vous blesse vous soit une traine

Habituez vos yeux à une haine puissante
Pareil aux armes dans les greniers entassés
Immobiles dessous les caisses défoncées
Une haine comme une femme nue froide et superbe

Une haine tenace et bleue, une lumière
Une force, une eau vive, un train jeté au sud
Une haine attentive et sûre d'elle
Une haine qui sait écouter, retenir, qui sait attendre

La haine soit pour ceux qui se font les complices des corbeaux
Ceux qui possèdent la parole et qui la vendent
Les futiles et les faiseurs, les amuseurs et leurs chansons
Ceux qui mettent des fleurs à vos chaînes, ceux qui vous flattent

Ecoutez ! la nuit parle, la nuit bat
Des poissons d'eau, des peurs, des pleurs, des fleurs inverses
Ecoutez votre vie est ici ouverte en deux, elle gémit tout bas
Mettez la nuque sur la route et retenez votre épouvante

Parlez pour vos amis, assis en rond
Parlez pour ceux qui roulent dans la nuit
Parlez comme si le monde entier était ici
Réunis sous vos paupières comme devant l'âtre

Parlez pour moi, dites moi le nom de la peine
Ce sanglot qui humecte les fenêtres des cités
Dites moi l'escalier sans fin et la colère
Dites moi votre nom, votre prénom et qui vous aime

Et ce chant muselé par les radios bavardes
Il brille au fond de nos poches comme un canif
Il suinte sur les murs, il bleuit les lézardes
Le chant muselé, le chant toujours, le chant des hommes

Il nous parle de nous, il nous donne nos armes
Il affute les grilles, il ouvre les couteaux
On l'entends c'est le bruit des pas dans les couloirs du métro
C'est la respiration lamentable de l'aube dans les gares

Ce chant comme un dimanche au sortir des églises
Le vent dans les jupes des filles soulevées
La haine avec l'amour mêlé, le chant ressuscité
Il nous porte en avant de nous, il attend, il exulte

Il te parle dans ton oreille penchée
Tu lui réponds et ton cœur bat comme un tambour
Les mots vont dans les vaisseaux carmins de la terre
Un bras sur ton bras est posé qui dit "Écoute"

Thursday, July 22, 2010

La Rue Kétanou - La Fiancée de l'eau


Translated to English here.

Morte de sécheresse, la fiancée de l'eau
a marié son sang a celui du ruisseau
Prince range ton drap blanc
Prince range ton drap blanc
Prince range ton drap blanc.

Prince range ton drap blanc, il ne sera jamais
le drapeau rougissant de sa virginité
regarde son honneur
regarde son honneur
regarde son honneur.

Regarde son honneur s'enfuir par la mort
regarde triste voleur l'absence est dans son corps
tu peux creuser la terre
tu peux creuser la terre
tu peux creuser la terre.

Tu peux creuser la terre avec tous tes remords
creuser jusqu'en enfer creuser creuser encore
Non, tu n'auras rien d'elle
Non, tu n'auras rien d'elle
Non, tu n'auras rien d'elle.

Non, tu n'auras rien d'elle il n'y a plus rien à prendre
elle s'est jetée au ciel tu commences à comprendre
que tout n'est pas à vendre
que tout n'est pas à vendre
que tout n'est pas à vendre.

Tuesday, July 20, 2010

Fleetwood Mac - Man of the World


Shall i tell you about my life
They say i'm a man of the world
I've flown across every tide
And i've seen lots of pretty girls

I guess i've got everything i need
I would't ask for more
And there's no one i'd rather be
But i just wish that i'd never been born


And i need a good woman
To make me feel like a good man should
I don't say i'm a good man
Oh, but i would be if i could

I could tell you about my life
And keep you amused i'm sure
About all the times i've cried
And how i don't want to be sad anymore
And how i wish i was in love

Friday, July 16, 2010

Kick-Ass


Je ne suis pas un fan inconditionnel de super héros ou de comics. J'apprécie certaines productions sans plus. Kick-Ass m'avait été présenté comme un film décallé et violent, ne connaissant pas le comic c'était plus le côté violent avec un peu d'humour qui m'attirait. Le début est accrocheur avec un personnage gentil loser et l'on se doute qu'il ne va pas le rester tout le film. Des pointes d'humour au bon moment, de la violence somme toute assez réaliste (mais certes pas pour les plus jeunes), une photographie intelligente, des chorégraphies de combats superbement menées (que ce soit la scène en vision nocturne très jeux vidéo ou Hit Girl en action), bref une réalisation lêchée, un film définitivement réussi. Un Nicolas Cage décalé qui s'il n'a pas un grand rôle parvient quand même à ne pas nous fournir sa sempiternelle tête de chien battu et mention spéciale pour Hit Girl (Chloë Moretz) qui est tout simplement épatante. Le film n'est pas pour tout le monde mais reste à mes yeux le film de superhéros (sans superhéros) le plus réussi depuis longtemps.

Solomon Kane


Je n'ai pas lu le livre de Howard. J'ai lu l'excellentissime Conan (qui montre bien que l'auteur était en avance sur son temps) et j'ai donc abordé Solomon Kane en m'attendant à un semi navet. Difficile de se prononcer cependant, car si le scénario du film ne brille pas vraiment (encore moins la fin) la production a vraiment réussi un beau coup en plantant une ambiance très particulière, violente à souhaît. Il y'a quelques problèmes de rythme, James Purefoy se débrouille même s'il surjoue au début et on se dit que le film aurait pu être mieux mais qu'au final il n'est pas si mal. C'est violent, parfois trop (gros plans) pour certains, c'est déchaîné et visuellement plaisant. Reste qu'on en attendait plus. A voir quand même, une fois.

Thursday, July 15, 2010

John Le Carré - Comme un collégien (Honourable Schoolboy)


Quel titre horrible. J'apprécie grandement l'atmosphère qui se dégage des livres de Le Carré à l'époque de George Smiley. Smiley n'a pas toujours le rôle principal (d'ailleurs je dirais que les rôles vraiment principaux sont ceux qui patissent de toutes ces intrigues d'espions) et ici ce serait plutôt Jerry Westerby. Un semi paumé, doué cependant, qui est le pion de l'histoire. Le Carré passe donc énormément de temps à tisser sa toile, à étoffer les personnages, les perspectives, la recherche dans les zones de guerres et les zones exotiques, l'Hong Kong colonial et autre. Bref on ne peut se dépêtrer d'un sentiment de moiteur qui plonge le lecteur dans l'ambiance. Reste que la fin est rapide, beaucoup trop, précipitée comme les événements laissant un goût amer en bouche, de non fini. Sentiment donc mitigé pour ce livre qui a des personnages très très attachants (Liese entre autres) mais qui pêche un peu par la volonté de l'auteur de montrer la machinerie implacable que sont les renseignements et la guerre que les différents services se livrent. Pas un vraie déception car on a voyagé mais pas une vraie réussite non plus.

Wednesday, July 14, 2010

Fleetwood Mac - The Chain



Listen to the wind blow, watch the sun rise.
Running in the shadows, damn your love, damn your lies.

And if you don't love me now, you will never love me again.
I can still hear you saying you would never break the chain.
And if you don't love me now, you will never love me again.
I can still hear you saying you would never break the chain.

Listen to the wind blow, down comes the night.
Running in the shadows, damn your love, damn your lies.
Break the silence, damn the dark, damn the light.

And if you don't love me now, you will never love me again.
I can still hear you saying you would never break the chain.
And if you don't love me now, you will never love me again.
I can still hear you saying you would never break the chain.
And if you don't love me now, you will never love me again.
I can still hear you saying you would never break the chain.

Chain, keep us together. Running in the shadows…

Monday, July 12, 2010

Dead Can Dance - In the Kingdom of the Blind the One-Eyed are Kings


If it were within, within our power
Beyond the reach of slavish pride
To no longer harbor grievances
Behind the mask's opportunists facade

We could welcome the responsibility
Like a long lost friend
And re-establish laughter
In the dolls house once again

For time has imprisoned us
In the order of our years
In the discipline of our ways
And in the passing of momentary stillness

We can see our chaos in motion
Our chaos in motion
We can see our chaos in motion
View our chaos in motion

Friday, June 25, 2010

Jacques Bertin - Louis Aragon - Maintenant que la jeunesse


Translated to English here.

Maintenant que la jeunesse
s'éteint aux carreaux bleuis.
Maintenant que la jeunesse
machinale, m'a trahi.
Maintenant que la jeunesse
tu t'en souviens, souviens-t'en.
Maintenant que la jeunesse
chante à d'autres le printemps.
Maintenant que la jeunesse
détourne ses yeux lilas.

Maintenant que la jeunesse
n'est plus ici n'est plus là.
Maintenant que la jeunesse
sur d'autres chemins légers.
Maintenant que la jeunesse
suit un nuage étranger.
Maintenant que la jeunesse
a fui, voleur généreux,
me laissant mon droit d'ainesse
et l'argent de mes cheveux.

Il fait beau, à n'y pas croire.
Il fait beau, comme jamais.
Quel temps, quel temps sans mémoire.
On ne sait plus comment voir
ni se lever ni s'asseoir.
Il fait beau comme jamais.
C'est un temps contre nature
comme le ciel des peintures
comme l'oubli des tortures.
Il fait beau comme jamais.

Frais comme l'eau dessous la rame
un temps fort, comme une femme,
un temps à damner son âme,
Il fait beau comme jamais.
un temps à rire et courir,
un temps à ne pas mourir,
un temps à craindre le pire
Il fait beau comme jamais.

Friday, June 18, 2010

John Le Carré - The Mission Song


Je ne suis pas habitué à lire un roman en anglais et John Le Carré n'est pas spécialement l'auteur le plus simple pour commencer. Cela a donc pu influencer ma vision du livre même si ça n'a pas altéré ma compréhension générale je pense.
Alors The Mission Song est assez différent des autres livres que j'ai lu de Le Carré. Tout d'abord il semble plus impliqué dans une cause ensuite ce qui se passe est moins caché. Je ne connais pas grand chose à la situation au Congo et ne peut donc juger la justesse de celle-ci mais disons que j'ai trouvé le tout un peu trop caricatural. L'acteur principal est intéressant sans qu'on arrive à s'attacher à lui car il est sans attache. On se moque un peu de ce qui lui arrive. D'habitude John Le Carré nous donne un fil d'événement et on tente de comprendre pourquoi, qu'est-ce qui se cache derrière, hors là on manque cette dimension. De plus l'histoire se déroulant récemment il manque une dimension technologique qui dépasse peut-être l'auteur ou qui n'a pas voulu en abuser. Bref sentiments mitigés et j'ai un peu du me forcer pour terminer. Je préfère grandement l'ambiance plus sombre de la guerre froide.

Wednesday, June 9, 2010

Léo Ferré - Pauvre Rutebeuf


Translated to English here.

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

Avec le temps qu'arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n'aille à terre
Avec pauvreté qui m'atterre
Qui de partout me fait la guerre
Oh vent d'hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m'était à venir
M'est avenu

Pauvre sens et pauvre mémoire
M'a Dieu donné le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient
Le vent m'évente
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

L'espérance de lendemains,
Ce sont mes fêtes...

Thursday, June 3, 2010

John Le Carré - L'appel du Mort



J'aime les univers réalistes, j'aime les personnages torturés. John LeCarré sait faire les deux. Son premier roman introduit ici son personnage fétiche George Smiley. Je l'avais déjà découvert dans L'espion qui venait du froid (magistral Alec Leamas mais Smiley y était fort effacé) et La Taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy) où j'avais presque l'impression qu'il n'était que le lien entre les événements mais pas un personnage tangible. Ici je découvre donc enfin Smiley, le vrai, l'homme blasé, intelligent. L'homme qui écoute, l'homme blessé dont la seule raison de vivre maintenant est son travail. Smiley ne serait pas Smiley sans sa femme Ann, dont on sait si peu mais qui le rends si humain, si brisé. Bref c'est une histoire certes pas surprenante mais définitivement prenante. Un très bon plongeon dans l'espionage tel qu'il a pu être. Bref une très bonne lecture, rapide et agréable.

Wednesday, June 2, 2010

Ray LaMontagne - Empty


She lifts her skirt up to her knees,
walks through the corn-rows with her bare feet, laughing.
i never learned to count my blessings,
i choose instead to dwell in my disasters.
i walk on down a hill,
through grass, grown tall and brown
and still its hard somehow to let go of my pain.
on past the busted back of that old and rusted cadillac
that sinks into this field, collecting rain.
will i always feel this way?
so empty, so estranged

and of these cut-throat busted sunsets,
these cold and damp white mornings
i have grown weary.
if though my cracked and dusted dime-store lips
i spoke these words out loud would no one hear me?
lay your blouse across the chair,
let fall the flowers from your hair
and kiss me with that country mouth, so plain.
outside, the rain is tapping on the leaves,
to me it sounds like they're applauding us the quiet love we made.
will i always feel this way?
so empty, so estranged

well i looked my demons in the eyes,
laid bare my chest, said do your best, destroy me.
you see, i've been to hell and back so many times,
i must admit you kind of bore me.
there's a lot of things that can kill a man,
there's a lot of ways to die,
listen, some already did that walked beside me.
there's alot of things i don't understand,
why so many people lie.
its the hurt i have that fuels the fire inside me.
will i always feel this way?
so empty, so estranged

Tuesday, June 1, 2010

Léo Ferré (Rimbaud) - La bateau Ivre



Translated to English here.

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées,
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’œil niais des falots.

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le poème
De la mer, infusé d’astres, et latescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour.

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes,
Et les ressacs, et les courants, je sais le soir,
L’aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir.
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir.
Et j’ai vu quelquefois ...ce que l’homme a cru voir.

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre ...
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.
— Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux...

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu’à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d’azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l’Europe aux anciens parapets !

J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
— Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi, plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons

Friday, May 28, 2010

Joan Armatrading - Dark Truths


I've told some dark truths
And I can't keep on lying
'Cause one day I'll find
I'm not your hero

It's so nice
That someone thinks you're special
Treat them right
That trust in you is precious
All the same, we make mistakes

I've used up a few lives
Now I'm afraid of dying
'Cause one day I'll find
You're not forgiving

It's so nice
There's someone to rely on
Treat them right
That trust in you is precious
All the same
All the same
We make mistakes
And I've used up a few lives
Oh...

Thursday, May 27, 2010

Alice au pays des merveilles

J'ai donc pu voir dernièrement et le film de Tim Burton et lire le livre (en français) de Lewis Carroll. Et ni l'un ni l'autre ne m'ont convaincu malgré leurs qualités.

Pour le film d'abord on est là en face d'une production très lisse où même Johnny Depp n'est pas intéressant car on ne le laisse pas exister (et son texte est assez plat), l'image est belle mais correspond à ce qu'on attends. C'est gentil et on sent parfois poindre une touche de poésie qui malheureusement n'éclot pas.

Pour le livre il y'a certes la traduction qui empêche de pleinement profiter de l'oeuvre, reste que malgré la grande imagination et l'humour facétieux de l'auteur on est quand même face à une histoire construite pour quelqu'un d'autre. Déjà le fait de ne pas être familier avec les comptines, poèmes et chansons de l'oeuvre empêchent de s'y empreigner vraiment, après l'écrit est intelligent et riche mais terriblement cours et expédié. J'ai tendance à considérer le récit comme une transposition d'histoires (ce qu'il semble être) orales et non comme un récit littéraire. Après qu'il ait marqué son temps, qu'il y'ai ou non un sens caché, soit. Sur cette première lecture je m'en suis passé et j'ai tendance à regretter qu'il n'y ai pas plus.

Friday, May 21, 2010

Jacques Bertin - Je suis celui qui court


Celle-ci restera la plus intime, la plus personnelle, une merveille.

Translated to English here

Je suis celui qui court auprès de toi lorsque tu glisses dans les herbes
Tu le sens mais ne le vois pas, tu fuis tu l'entends respirer
Et les branches des arbres sont les oreilles des journées
Quand l'eau te couvre de baisers

Quand tu viens dans la terre humide et chaude ta tendresse
Je suis celui qui vient avec sa main pour te sècher
Et tu baisses ta tête, son épaule est un panier

Je suis celui qui te connait quand tu fuis jusqu'au bout du monde
Et tu reviens toujours chez lui il ne sait pas que tu es là
Et tu es derrière l'armoire tu le vois tu es dans l'ombre
Et il respire lourdement il ne sait pas que tu es là
Or sais-tu s'il est là quand tu te caches et tu le guettes
Il est sorti et la porte sur le jardin n'a pas grincé
Son corps est penché sur la table, il est malade de papiers

Il est malade de soleil, il est sous le midi des mondes
Il est comme traînant au sol, la tige de l'été cassée
La sève coule et il entends comme un bourdonnement de nombre
Il est taché de vin dans des débris de table renversée
Il est en deça de son corps et dans la nappe déchirée
Il est à genoux sur la terre il a tout ses doigts écrasés
Et les ruades du soleil lui ont fait éclaté le ventre
Fou de douleur il griffe, hurle et là transpercé
Il est comme le vent dans les marais qui va crever
et qui a des filets de sang et qui se cache et qui se berce
Qui se cherche et qui s'ignore et se sépare et se connait

Oh mon amour qui peut dire qu'il se connait nous sommes
Toute choses qui se cherche et qui s'ignore et se connait
Et nul n'aura prise sur nous sur notre amour sur l'inquiétude
Nous sommes comme l'air et le vent, la chair à la chair liée
Qui n'est jamais son corps vraiment, toujours avant, toujours peut-être
Tout deux toujours ensemble et ne jamais jamais nous rencontrer
Dans l'eau notre jeunesse lisse à la surface viens poser
Un souffle qui est notre amour et nous ne parlerons jamais.

Thursday, May 20, 2010

Serge Reggiani - Ce soir, mon amour


Translated to English here.

Ce soir, mon amour, je ne t'aime plus
Tu es plus loin que la distance qui nous sépare
et d'autant plus absente que tu n'es nulle part.
Plus étrangère que la première venue

Ce soir, mon amour, je ne te cherche plus
parmi mes souvenirs au fonds de ma mémoire
Je ne t'attends plus sur le quai d'aucune gare
Je me souviens à peine t'y avoir attendu.

Je sais que nous buvions du vin après l'amour
Que la nuit commençait quand se levait le jour
Comme un torrent d'ébène, tes cheveux sur ton cou
Et ton regard meurtri quand tu fais les yeux doux

Ce soir, mon amour, je ne te trompe plus
avec cette fille qui dort à mes côtés
J'étais seul, je lui ai demandé de rester
Je suis seul très souvent et je m'y habitue

Ce soir mon amour, tu ne me manques plus
Tu ne me manques pas, il me manque d'aimer
De ne plus être inutile, inanimé
De n'avoir rien à perdre et d'avoir tout perdu

Je connais ta folie, je connais ta pudeur
Je sais qu'on se ressemble comme frère et soeur
Je connais ton odeur, je connais ton parfum
Je te connais par coeur et je ne sais plus rien

De toi, mon amour, que je n'aime plus
Sans arriver à me sentir enfin libre
Pareil à un danseur qui perdrait l'équilibre
Comme un prince en disgrâce, comme un ange déchu.

Friday, May 14, 2010

Jean-Baptiste Clément - Le Temps des Cerises


Translated to English here.

Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreille...
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai point sans souffrir un jour...
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des peines d'amour !

J'aimerai toujours le temps des cerises
C'est de ce temps-là que je garde au coeur
Une plaie ouverte !
Et Dame Fortune, en m'étant offerte
Ne pourra jamais calmer ma douleur...
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur !

Thursday, May 6, 2010

Pierre Magnan - La Folie Forcalquier


C'est ici un livre qui sent bon, qui respire la fraîcheur et la provence. Que dire de plus? C'est plus un moment presque intime dans une époque, un lieu bien à lui. L'histoire est simple (mais pas simpliste et c'est seulement dans les dernières pages que l'on comprends la trame mais au final celle-ci importe peu je pense car c'est surtout une histoire d'hommes, de femmes, de senteurs). Bredannes est un homme qui ne veut pas aimer (il aime déjà son pays, sa vie, ses femmes) mais tout le monde autour aime, parfois à outrance. Un mode de vie passé je pense mais tellement vivant. Bref beaucoup de plaisir à lire ce livre et on apprécie la plume de l'auteur.

Sunday, May 2, 2010

David Zindell - Le Cycle d'EA V - Le Jade Noir


Zindell a tendance à me frustrer. Son écriture est intelligente, complète. L'écriture à la première personne est assez rare en fantasy pour être appréciée et induit donc une promiscuité avec le héro. On perds probablement de sa poésie à la traduction mais la lecture est agréable et pourtant...pourtant!
Déjà l'histoire n'est pas originale, elle est complète, elle coule comme une rivière, les choses suivent leur cours presque inéluctables mais on retrouve ici la lutte encore et toujours contre le mal, le voyage initiatique, le groupe d'aventuriers etc...Bref ce n'est pas au niveau du scénario qu'il faut chercher, il est bien construit et aurait probablement fait très bon effet il y'a 15 ans, plus maintenant. Mais ce n'est pas ce qui me fâche vraiment (pas que je sois fâcher mais voilà il manque quelque chose), l'auteur nous plonge dans un personnage qui n'est au final pas très intéressant. L'homme est emprunt de doutes, louables mais c'est un héro, qui aime la vie, qui aime ses proches, qui croit en la bonté etc...ce qui au final n'en fait pas quelqu'un de très humain et ça ça m'embête. J'aime lors de mes lectures découvrir sur les personnages, découvrir sur l'humain et pourquoi pas sur moi même (ce à quoi R. Scott Bakker excelle) ou en tout cas sentir qu'il y'a une histoire à l'ombre qui habite l'homme, apprendre à aimer sa teinte de gris très personnelle. Rien de celà ici car même les zones d'ombres du héros ne le sont pas de son caractère. Bref malheureusement j'ai l'impression de voir évoluer des pantins dans une histoire qui peine déjà à convaincre. Reste que c'est bien écrit certes mais à force je dois m'accrocher pour continuer la saga.
Bref je ne déconseillerai pas la lecture, certes non, dans du classique c'est probablement très bien mais voilà ce n'est pas assez accessibles pour les gens qui aiment la fantasy de base, ce n'est pas assez épique pour de la high fantasy et c'est bien trop éloigné de la dark fantasy qui est en plein boom. C'est donc un livre à part ou arrivé trop tard. Il a cependant une très bonne notte sur elbakin.net et je me doute qu'ils l'ont lu en anglais, peut-être alors le livre se révelle-t-il plus lumineux? Ou peut-être est-ce moi qui ne suis pas réceptif à sa lumière. Bref une légère déception quand même.

Jacques Bertin - Ballade


Une chanson que j'associe toujours au livre "La Folie Forcalquier" de Pierre Magnan
Translated to English here.

Ce n'est qu'un détail, un détail
La lune est en haut de l'étang
Je n'ai qu'une vie très banale
Au bout de tout rien ne m'attends
Au bout de tout rien ne m'attends

Tour à tour j'écoute la nuit
J'écoute se perdre le vent
Une girouette qui crie
Au bout de tout rien ne m'attends
Au bout de tout rien ne m'attends

Craque, glousse, fume la nuit
Le temps passera, j'ai le temps
Branche à branche monte l'oublie
Au bout de tout rien ne m'attends
Au bout de tout rien ne m'attends

Solitaire et froide compagne
La Lune est en haut de l'étang
Je n'ai qu'une vie très banale
Au bout de tout rien ne m'attends
Au bout de tout rien ne m'attends

Friday, April 30, 2010

Henri Tachan - Comme un rhume.


Toi tu m'es venue
toi tu m'es venue
comme un rhume.

Toute toute nue
toute toute nue
à la brune.

J'aurais dû fermer
ma fenêtre mais
mais qu'importe.

Tu serais rentré
tu aurais rampé
sous ma porte.

Toi tu m'as surpris
au coin de mon lit
comme un rhume.

Toi ma maladie,
mon épidémie
toi ma brune.

J'aurais du savoir
j'aurais du prévoir
ce microbe.

Mais je n'ai su voir
dans ma chambre noire
que ta robe.

Et tu m'as glissé
et tu m'as laissé
ton bacille.

Au pouls cadencé
au rythme insensé
de tes cils.

J'aurais dû pousser
j'aurais dû chasser
cette fièvre.

Mais j'étais touché
mais j'étais piégé
comme un lièvre.

Puis tu es partie
petit à petit
ma migraine.

Et moi j'ai guéri
sous le bistouri
des semaines.

Le soleil de mars
dissipe la garce
de brume.

Et les jours qui passent
peu à peu effacent
les rhumes.

Mais depuis ce temps
et ce coup de vent
sur ma route

beaucoup plus qu'avant
je tousse souvent
et redoute

de garder encore
moitié bouton d'or
moitié chrysanthème

la femme qui dort
au fond de mon corps
comme un germe

la femme qui dort
au fond de mon corps
et que j'aime.

Thursday, April 15, 2010

Dire Straits - On Every Street


There's gotta be a record of you someplace
You gotta be on somebody's books
The lowdown - a picture of your face
Your injured looks
The sacred and profane
The pleasure and the pain
Somewhere your fingerprints remain concrete
And it's your face I'm looking for on every street

A ladykiller - regulation tattoo
Silver spurs on his heels
Says - what can I tell you, as I'm standing next to you
She threw herself under my wheels
Oh it's a dangerous road
And a hazardous load
And the fireworks over liberty explode in the heat
And it's your face I'm looking for on every street

A three-chord symphony crashes into space
The moon is hanging upside down
I don't know why it is I'm still on the case
It's a ravenous town
And you still refuse to be traced
Seems to me such a waste
And every victory has a taste that's bittersweet
And it's your face I'm looking for on every street

Wednesday, March 31, 2010

Jacques Bertin - L'aube sur le jardin des plantes


Translated to English here.

Texte de Jean Max Brua
Ce jour est chaud comme le vent
Sur sa joue gauche l'ombre glisse
Et tu cherches des mots pour elle
Qui sont comme des couleuvres lisses
Défilent dans la mémoire
L'aube sur le Jardin des Plantes
Et le choc des poubelles
Au bout de la rue les hommes ont froid
Les singes nus crient des choses de jungle
Au vieux singe à cul bleu assis dans l'arbre de ciment

Elle se penche comme le jour
Où elle t'est revenue de Londres
Ma douce au creux des yeux
Mon algue lente mon retour
Elle se penche sur l'amour
Les seins dans l'ombre des cheveux
Le premier train démarre
Au bout de la rue le jour est gris
Et tu joues ton amour fragile
Et tu as peur tu peux la perdre et tu écoutes grincer le jour

Et tu veux qu'elle t'appelle
Et qu' elle se penche comme ça toujours
Mon ventre chaud ma belle
Mon refuge mon amour
Il fait un jour d'automne
Et tu voudrais vivre sans haine
Eclatent les radios connes
Et leurs vomissures rengaines
Elle se lève elle a froid ça sent la rue le jour est gris
Tu n'oublies pas... tu n'oublies pas

Tuesday, March 30, 2010

Saturday, March 27, 2010

Scars on Broadway - Funny



Funny,how you turned red
When i first said
Let's join the dead

Funny,i was driving by
Feeling really high
It made me cry

Funny,there were swastikas
On santa monica
Where they were scarred

Funny,that no one said
That you were dead
And painted red

Where do you go when you fall on your face'
It's a place that you never should know
Is there a reason why people should change
And they changin' the way that they go

If i was there with you for long
Would you be singing me this song
I'm holding on...

Where do you go when you fall on your face
It's a place that you never should know
Is there a reason why people should change
And they changin' the way that they go

If i was there with you for long
Would you be singing me this song'
I'm holding on...

Friday, March 12, 2010

Barbara & G. Moustaki - La Dame Brune


Translated to English here.

Pour une longue dame brune, j’ai inventé
Une chanson au clair de la lune, quelques couplets.
Si jamais elle l’entend un jour, elle saura
Que c’est une chanson d’amour pour elle et moi.

Je suis la longue dame brune que tu attends.
Je suis la longue dame brune et je t’entends.
Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi.
Ta guitare, orgue de fortune, guide mes pas.

Pierrot m’avait prêté sa plume ce matin-là.
A ma guitare de fortune j’ai pris le la.
Je me suis pris pour un poète en écrivant
Les mots qui passaient par ma tête comme le vent.

Pierrot t’avait prêté sa plume cette nuit-là.
A ta guitare de fortune, tu pris le la,
Et je t'ai pris pour un poète, en écoutant
Les mots qui passaient par ta tête comme le vent.

J’ai habillé la dame brune dans mes pensées
Des morceaux de voile de brume et de rosée.
J’ai fait son lit contre ma peau pour qu’elle soit bien,
Bien à l’abri et bien au chaud entre mes mains.

Habillée d’un voile de brume et de rosée
Je suis la longue dame brune de ta pensée.
Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi.
A travers les monts et les dunes, j’entends ta voix.

Pour une longue dame brune, j’ai inventé
Une chanson au clair de la lune, quelques couplets.
Je sais qu’elle l’entendra un jour, qui sait demain,
Pour que cette chanson d’amour finisse bien.

Bonjour, je suis la dame brune, j’ai tant marché.
Bonjour, je suis la dame brune, je t’ai trouvé.
Fais-moi place au creux de ton lit, je serai bien,
Bien au chaud et bien à l’abri contre tes reins.

Thursday, March 11, 2010

Tracy Chapman - First Try


Can't run fast enough
Can't hide I can't fly
I'm struggling with the limits of this ordinary life

I'm just a
Just a
Just a first try

Can't hear what you say
Can't see by the light
I'm struggling with the limits of this ordinary life

I'm just a
Just a
Just a first try

Can't say what I mean
Can't love from the heart
Can't trust in the mercy and the goodness in the world
Can't learn to accept that it's alright
To struggle with the limits of this ordinary life

Can't be
Just a
Just a first try
Can't be
Just a
Just a first try
Just a
Just a
Just a first try

Monday, February 8, 2010

Hero Corp - Saison 2


Hero Corp c'est la création du frère d'Alexandre Astier. Simon Astier est apparu dans Kaamelott et se lance pour sa propre série. La première saison avait peiné à me convaincre, bon il y'a le manque de budget bien sûr mais c'est surtout le rythme qui manquait. Il y'avait des redites, des blagues qui tombaient à plat, du comique de situation surexploité. Il y'avait aussi de super bonnes idées, un humour décalé à la "Astier", un grain de folie que j'aimais bien. Je me suis donc laissé tenté par cette seconde saison sans trop en attendre non plus.
Et bien m'en pris. Ce n'est pas la série de l'année certes mais Simon s'est grandement amélioré. Le rythme et l'humour sont plus soutenus, l'histoire est bien racontée, les plans beaucoup mieux capturés. Bref la saison 2 est passée comme un charme et on ne se dit plus qu'on se tape une longue histoire juste pour qq scènes d'humour, la mayonaise a pris et on ne s'ennuie pas.
Je dirais même que sur la longueur Simon se montre meilleur que son frère. (Parce que bon les plans longs dans la saison 5 et 6 de Kaamelott...comment dire, pas bien!) Et puis il n'essaie pas de tout faire (svp Alexandre, arrête de faire la musique toi même pour Kaamelott ;) )
Bon j'ai encore un ou deux désiderata quand même (pas convaincu par Hoodwig par exemple) mais en général j'ai vraiment passé un bon moment et j'espère que l'audience sera assez bonne pour continuer. Bref on en redemande. "Pinage!"

Jacques Bertin - Où tu es, tu es bien.


(paroles non officielles)

Translated to English here.

Où tu es, tu es bien
avec ton bonheur en écharpe
Sur ta peau la pluie glisse
et ton sexe est trempé
Tu exhibes ta poitrine
provocante et glacée
Dans mon souvenir
tu es belle comme un marbre

Désormais je suis mort
j'ère dans mon dédale
Sur le fil de ta voix
Tu es seul, tu t'effraies
La nuit tu vas obscène
mais pour personne et personne
ne sais ni ne te prends
sauf moi dans tes pensées
Violente et vague

Le temps qui passe dans l'esprit
Où tu me fuis me lance
Je faisais de toi l'objet qui pense
en se donnant qui s'abolit
je te prostituais en ephèbe docile
oh putain immense
Perdue et fière et tendue
Pariant ton sexe et ta vie

Où tu es, es-tu bien?
avec ton angoisse en écharpe
Sur ta peau des habits
t'habille mais tu as froid
Tu n'oses plus ce rire
qui détruirait ton ventre comme un plâtre
Tu bredouilles dans ton palais
dans ton désastre et
branles toi!

Quelqu'un fit entrer le malheur dans la maison heureuse
le silence s'est fait, les puits sont taris
Au fond du parc, la maison croule dans les ronces
Le soir des fantômes s'y tiennent
des larmes aussi.

Où tu es, tu es bien
Dans ma tête, dans ma hargne
Sur ta peau, la pluie glisse
et te flattes des mains
Tu avances dans la nuit
blanche comme un spasme.
Dans mon souvenir où je te garde
Tu es bien.

Tuesday, January 26, 2010

Poets of the Fall - Late Goodbye


In our headlights, staring, bleak, beer cans, deer's eyes
On the asphalt underneath, our crushed plans and my lies
Lonely street signs, powerlines, they keep on flashing, flashing by

And we keep driving into the night
It's a late goodbye, such a late goodbye
And we keep driving into the night
It's a late goodbye

Your breath hot upon my cheek, and we crossed, that line
You made me strong when I was feeling weak, and we crossed, that one time
Screaming stop signs, staring wild eyes, keep on flashing, flashing by

And we keep driving into the night
It's a late goodbye, such a late goodbye
And we keep driving into the night
It's a late goodbye

The devil grins from ear to ear when he sees the hand he's dealt us
Points at your flaming hair, and then we're playing hide and seek
I can't breathe easy here, less our trail's gone cold behind us
Till' in the john mirror you stare at yourself grown old and weak

And we keep driving into the night
It's a late goodbye, such a late goodbye...

Monday, January 25, 2010

Cowboy Junkies - Blue Moon Revisited


I only want to say
That if there is a way
I want my baby back with me
'cause he's my true love
My only one don't you see?

And on that special day
Perhaps in the new sun of May
My baby walks back into my arms
I'll keep him beside me
Forever from harm

You see I was afraid
To let my baby stray
I kept him too tightly by my side
And then one sad day
He went away and he died

Blue Moon, you saw me standing alone
Without a dream in my heart
Without a love of my own
Blue Moon, you knew just what I was there for
You heard me saying a prayer for
Someone I really could care for

I only want to say
That if there is a way
I want my baby back with me
'cause he's my true love
My only one don't you see?

Thursday, January 21, 2010

Tracy Chapman - Broken


You can close your eyes
And see a picture perfect life
Inside of your mind
Dreaming only of the days ahead
Wanted and wished for more than now
Or the days behind
You waste your time

The picture makes a promise
The flesh lets it be broken
The picture makes a promise
The flesh lets it be broken

You can never think
You can't even stop yourself
Before the words have been spoken
And you've already said
You would give everything
And something for nothing
Everybody thinks you're joking

The picture makes a promise
The flesh lets it be broken
The picture makes a promise
The flesh lets it be broken

You want to be the one
Made over be your own
Before and after
And a supermarket
Beauty in a bottle queen
Who'll one day grace a check-out counter
Magazine front cover
Though the fine print reads

The picture makes a promise
The flesh lets it be broken
The picture makes a promise
The flesh lets it be broken

Lets it be broken
Lets it be broken
Lets it be broken
Lets it be broken
Lets it be broken
Broken
Broken

When your life is never what you wanted
Not even halfway normal
Just tarnished and soiled
When in your reach
A framed and frozen moment
So far from perfection
Not truth or transcendence
Will set you free
Still you don't believe

The picture makes a promise
The flesh lets it be broken
The picture makes a promise
The flesh lets it be broke

Monday, January 18, 2010

Dominique A - Les Hauts Quartiers de Peine


Les hauts quartier de peine
envoyé par ben_gaston. - Regardez la dernière sélection musicale.

Translated to English here.

Pour une fois, tranquille, décidé
Pas à pas, nous regagnons les
Les Hauts quartiers de peine, les avait-on quittés?
Le plus dur s'achève, tu m'en vois
Désolé

Tout en bas, nous nous sommes laissés
Aller à croire ces hauts quartiers
Loin de nous alors même, qu'on ne cessait d'y penser
Un faux pas et pas d'autre choix
qu'y retourner

Pour une fois, tranquille, décidé
Pas à pas, nous regagnons les
Les hauts quartiers de peine, les avait-on quittes
Sitôt là tu parles déja de
Redescendre

Redescendre, c'est compliqué
J'ai pris goût à ces hauts quartiers
Ces hauts lieux sans relief, ces contours arrêtés
Quand en bas tant peinent à s'aimer
Puis remontent