Thursday, August 18, 2011

René Fallet - Les Pas Perdus


Premier livre (pour ce que j'en sais) qui prends le modèle whiskey on va dire sans en avoir encore le côté théatral et grandiloquent de douleur.
Ici on trouve un héro jeune, célibataire jusqu'au bout des ongles qui tombe pour une femme mariée, une femme qui veut vivre et qui vit entre ses doigts. Et qui, fatalité, retournera chez son mari, à son devoir, à ses enfants au lieu de suivre le héro dans sa poursuite de vie et de rêves. La grosse différence c'est que le héro étant encore jeune il ne ferme pas l'espoir, il ne se crucifie pas. Il souffre oui mais avec raison. (Reste que le livre a quand même été écrit et je persiste à croire à l'accent de vérité qui se trouve dans les livres de Fallet). Outre l'histoire on a aussi une envie de faire participer le lieu de toutes les attentes, la gare, la salle des pas perdus avec tout ceux que le héro croise, auquel il imagine ou découvre la vie. Le contraste avec cette vie journalière des gens normaux qu'il méprise, cette non vie. Comme il le dit si bien avant on envoyait les prisonniers dans les mines, maitenant ce sont des "employés".
Une lecture agréable sans pour autant avoir la puissance d'autres mais elle arrive quand même à persister dans l'oreille "Paille de Fer" et l'on se demande, s'il y'a en effet comme je le pense, une femme la derrière si elle a lu le livre et si elle en a pleuré. Je l'espère pour elle.

Monday, August 15, 2011

René Fallet - Le Braconnier de Dieu

Terminé depuis plus d'un mois déjà mais voilà les impressions qui me restent de la lecture de cet enième Fallet.
Premier livre de la veine joyeuse que je lis de René Fallet si on ignore celui sur la pêche qui était il est vrai une ode à la vie mais tous ses livres le sont.
Cocasse mais pas convaincaint pour celui-ci. Un jeune moine qui fait le mur pour passer une nuit dans les bras d'une plantureuse marinière qui lui murmure qu'il n'y a pas de pêchers si c'est bon. Et il s'en convint tellement, amoureux aussi, il quitte le monastère pour prêcher cette nouvelle parolle, partant travailler avec un ancien ami alcoolique inventéré. Quelques moments de franches rigolades mais à part ça disons qu'il manque un peu d'intéret lorsqu'on tourne la dernière page on se dit un peu "et alors?..." de plus je ne qualifierai même pas le bouquin de joyeux car après tout notre moine continue d'attendre (en vain on le devine) sa marinière. Fallet ne changera pas à ce niveau.
Bref probablement le premier livre de l'auteur que je trouve dispensable tout en restant agréable. Peut être me fais-je trop imperméable à l'esprit de beuverie mais ce serait réducteur pour Fallet de résumer le livre à ça, on en est loin.

Saturday, August 13, 2011

Monique Morelli - Ronsard - Je Vous Aime


Translated to English here.

Si c'est aimer, Madame, et de jour, et de nuit
Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu'adorer et servir la beauté qui me nuit :

Je vous aime!
Je vous aime!
Je vous aime!

Si c'est aimer que de suivre un bonheur qui me fuit,
De me perdre moi même et d'être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire,
Pleurer, crier merci, et m'en voir éconduit :

Je vous aime!
Je vous aime!
Je vous aime!

Si c'est aimer que de vivre en vous plus qu'en moi même,
Cacher d'un front joyeux, une langueur extrême,
Sentir au fond de l'âme un combat inégal,
Si cela est aimer : furieux je vous aime :

Je vous aime!
Je vous aime!
Je vous aime!

Jacques Bertin - Le rêveur



J'étais l'enfant qui courait moins vite
J'étais l'enfant qui se croyait moins beau
Je vivais déjà dans les pages vides
où je cherchais des sources d'eaux

J'étais celui à l'épaule d'une ombre
qui s'appuyait, qu'on retrouvait dormant
Je connaissais les voix qui, dans les Dombes,
nidifient sous les mille étangs


Je fus plus tard l'adolescent qu'on moque
au regard vain dans la ville égaré
l'homme qui campe à l'écart de l'époque
tisonnant ses doutes pour s'y chauffer

Je suis monté au lac des solitudes
dans l'écrin gris des charmes sans raison
où de vieux airs palpitaient sous la lune
J'aurai laissé des chairs aux ronces, des chansons

La note basse des monts, les absences
les émeraudes du val interdit
toutes les belles ruines du silence
tout ce qui ne sera pas dit !

Si jamais tu t'accroches à ma légende
il faut que tu t'en remettes à mon mal
Ne trahis pas, vois la plaie où s'épanche
tout un monde animal


L'enfant muet s'est réfugié dans l'homme
Il écoute la pluie sur les toits bleus
Les cœurs sont effondrés, le clocher sonne
Que faire sans toi quand il pleut ?

Ma vie ne fut que cet échec du rêve
Je ne brûle plus, non : ce sont mes liens
Les sabots des armées m'ont piétiné sans trêve
J'écris dans le ciel vide et vous n'y lirez rien

Monique Morelli - Maintenant que la jeunesse


Lyrics in English here.

Friday, August 5, 2011