Tuesday, April 29, 2014

Pierre Magnan - L'aube insolite

Magnan nous amène dans les montagnes pendant la guerre. Une préface si longue qu'on croit le livre commencé, un rappel à sa vie vécue, des évènements réels que l'on sent tout au long du livre. Fortement ancré dans la réalité du quotidien, des gens. On respire la nature, la montagne et on plonge dans cette tranquillité de petit village. La guerre si loin et si proche à la fois, la résistance parce qu'on est homme après tout, l'amour irraisonnable et naufrageur. Bref tout est réuni pour faire boire les pages au lecteur. Un livre touchant, profond et simple. Un livre de vie, d'espoir où la religion côtoie la raison. On sent l'humour de Magnan poindre timidement même s'il n'a pas encore la maturité des futurs livres et si parfois on se perds dans tout ces noms de villageois on a une profonde affection pour eux. Bref un régal de simplicité et de calme.

Saturday, April 26, 2014

Jacques Bertin - Matin


Paroles non officielles
Translated to English here
Matin où vont des jeunes filles en retard
Filets levés, filets séchant des amoureuses
Matin, naissent dans le secret les cuivres forts dessous les formes et jusqu’au fruit le soir du jour saignant
Matin, la cigarette blanche et fine dans les doigts la vie redonnée
Redonnée
Matin, sur le dos de la main posée, la mandarine et toutes choses que je crois
Matin, la résurgence des paroles souterraines, une douleur sereine et le rachat
De toutes les paroles par la pierre

Tuesday, April 8, 2014

René Frégni - Sous la ville rouge

Un concentré de rage, de révolte, de passion et de solitude en un seul personnage qui déambule dans le quotidien de Marseille. Puissant et anecdotique à la fois, cette rage d'écrire fascine. Le livre est court mais prenant, touchant. Frégni offre la fluidité des mots dans un monde intime. On aimerait en avoir plus.

"Quand tu t'appelles Patrick que t'as l'accent ch'ti et que tu prends quinze ans c'est que tu ne tournes pas rond."

Thursday, April 3, 2014

René Frégni - La Fiancée des corbeaux

Un petit livre sous forme de journal qui pourrait être totalement anecdotique mais touche en fait tellement de sujets. On apprends, on voyage, on respire. La plume de Frégni est légère, presque sournoise comme elle vous mène d'un chemin à un autre. Que l'auteur parle du temps ou de ses lectures on voyage. Qu'il parle de son voyeurisme rêveur ou de la relation avec sa fille on sourit à ses propres envies, ses propres tares et manque. C'est un livre humain, de l'instant qui dure. Et somme toute un livre qui contemple, j'aimerais moi aussi m'assoir à une terrasse de café différente chaque jour. Douce lecture.

"Il y a cent ans que je fais le marin sauvage sur tous les chemins. Il n'y a plus rien dans les hameaux et dans les plaines."
"Plus qu'aux autres, on se ment à soi-même. Papa lui mentait au monde entier, il lui faisait des promesses."

Thursday, March 27, 2014

Ian C. Esslemont - Return of the Crimson Guard

Same world as Erikson's, the Malazan empire/world. Esslemont proves with this book that he can keep up with his friend/co-author. In a way he is even better at writing, it's more fluid, better structured, more agreable a read but the counterpart is that it's slightly less deep, complicated and thus surprising.

Here as well the deus ex machina are aplenty, a bit too much even, a bit too easy to solve some situations, oh I'm done with this character here instead of letting him go I'll teleport him at the other side of the world for that big battle here. No point really, the inability to let go is annoying. But the book is a good read, very enjoyable and aside of a few characters whose names are too much alike "coots, cowl, cools, etc..." you really get to like some characters (or dislike some others). However like Erikson's the characters tend to not change course during their adventures. They are Tools. But the malazan books have never been character centered, hero centered maybe but not characters.

I'm actually looking more forward to the next book by Esslemont than by Erikson right now, for some reason I still believe he can surprise the reader even if I don't think he'll be able to reach as deep emotionaly as Erikson already did. I also enjoyed the return to the more gritty warfare of the first books, some répétitions in the battles but overall quite a nice read.

"- I blame the drink, sir.
- You wouldn't have any of it left, would you?
- Used it to poison the enemy, sir
- And a sad waste it was too
- The bottle got a promotion out of it though, sir"

Tuesday, February 25, 2014

François Weyergans - La démence du boxeur

Partant sur un ton léger, Weyergans nous livre ici un hommage touchant au cinéma et au temps qui passe. Un livre agréable à lire dont on attends pas grand chose mais qui ouvre une fenêtre sur les souvenirs d'enfance vu de loin et sur la folie d'un retour aux sources. J'ai moins aimé les details des rapports entre le personnage principal et son fils qui sont un peu artificiels, trop aisés. Mais le livre reste une balade.

"Un rêve qu'on ne peut raconter à personne est comme une fleur qui ne s'ouvre pas"
"Enterrer quelqu'un...c'est le faire mourir une deuxième fois, c'est lui donner la mort qu'on trouve qu'il aurait dû avoir, une mort selon les règles, rassurante, irréprochable pas une mort bâclée comme elles le sont toutes avant que les rites ne viennent mettre un peu d'ordre dans leur débraillé"
"Je te souhaîte d'être chêne plutôt que hêtre"

Wednesday, February 12, 2014

Steven Erikson - Toll the hounds

As usual getting in an Erikson's book is hard for me, the first 300-400 pages I don't get what happens exactly or who is who. I recognise some characters of course just not all of them. Thank god the book is 1200 pages long so I still have time to enjoy it. I have to say that this one is one of my favorite. Not for the story which is maybe a bit less good and has many slow/useless moments (really the Trygalle guild and Gruntle's story is useless and most of Nimander's journey looks like a filler or a side quest in an rpg) but mostly for the characters who this time have much more substance. Not all of them still and most will keep their line of conduct but there are enough shaddy characters for things to be satisfying. Also the authour finally touches a bit more at the philosophy of life, the uselessness of things which is good in such an epic book with events that touches so many at the same time.
The least good however for me was the "lyrical" attempts, the moment when the author tries to address the reader ("let's leave them at that shall we") or provides a short overview of several persons in a short burst that looks artificial. There was no need to make it look like an eye flying over the city, it's not attached to any character and look very cheesy. On the other hand I won't complain about the Deus ex machina principle that is used and overused (smartly) by Erikson, it could as well be the central axis of the book, the gods meddling. But it's still maybe too manichean, even if everyone does things for himself and has an hidden agenda in the end you find two sides and one winner. Now the good thing is that we never know the cost to reach that point and that's was an enjoyable read.

"When it is all one can do to simply hold on, then to suffer is to weather a deluge no god can ease"