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Wednesday, August 19, 2015

René Fallet - Paris au mois d'août (seconde lecture)

J'aime René Fallet, j'aime son humour grinçant, j'aime ses jeux de mots parfois un peu bêtes mais toujours pleins d'esprits, j'aime sa vision du monde, son dégoût du quotidien. Ce livre n'est pas le meilleur René Fallet mais il est plein du souffle de l'amour, léger et fuyant. Il est agréable, naïf, joli. Une lecture rapide et rafraîchissante.

"Si les femmes ont des bontés pour les vainqueurs, elles gardent leur tendresse pour les vaincus"
"J'ai besoin d'être seul..." "...afin de pouvoir être deux".

Sunday, July 26, 2015

Louis Aragon - Les Beaux Quartiers

Deuxième volet du cycle "Le Monde réel", on retrouve certains noms, le destin de quelques familles. A nouveau autant une chronique d'un temps révolu qu'un roman. On découvre autant un petit village de province, bourgeoisie bien implantée qui ne comprends pas le monde du travail qu'un Paris bouleversée par les "Trois ans", cette loi qui devait préparer à la première guerre. Un Paris que déjà préfigure les années folles. Les personnages sont perdus, insouciants, sans chercher leur place ils sont guidés par leurs désirs, habité par un certain détachement de ce qui anime les autres. Un roman intéressant mais une lecture assez lourde, pesante.

"Il avait aimé en elle sa propre jeunesse perdue"
"Dans l'ombre, Thérèse détruisait à chaque geste une ignorance, et naissait un émerveillement."
Lors du récit d'un ancien désabusé, cette phrase qui tombe en rapport sur l'émancipation de la femme: "On n'en a pas tué assez, des femmes" comme si c'était là la cause d'un déséquilibre social.
"De ce lendemain pour lequel il esquintait sa jeunesse"
"Je me suis toujours représenté la vie comme ça, entre l'enfance et la vieillesse"
"Déjà je ne peux plus jouer avec la vie... mon histoire est tout de même bien écrite par cette longue suite de jours."
"Quand j'avais vingt ans, je n'étais pas sûr que tout ce que je faisais n'était pas une comédie."
"Les chansons de mon père, plus on y parlait de soleil, et plus elles faisaient sombre dans le cœur..."

Monday, June 15, 2015

Louis Aragon - Les cloches de Bâle

Premier roman de la série "Le Monde réel" d'Aragon et c'est exactement cela. Aragon nous présente, en trois volet, une tranche de vie de l'époque avant la première guerre mondiale. C'est surtout les prémisses d'une lutte de classe, l'impossibilité des bourgeois de pouvoir comprendre un monde que côtoyer ne suffit pas, car il ne connaisse pas le travail comme dit Aragon, le vrai celui qui est nécessaire pour manger à sa faim. Certaines choses qui étaient évidentes à l'époque paraissent aujourd'hui un peu obscures. C'est un livre d'espoir pour le futur aussi, espoir qui ne se réalisera pas car le congrès de Bâle de 1912 n'est pas resté historique et le monde s'est définitivement enfoncé dans les méandres du capitalisme. Mais le livre reste intéressant, ne fut-ce que pour cette vision de la petite bourgeoisie, des manœuvres des patrons et politiciens pour garder la main, de l'utilisation de la bande à Bonnot à des fins politiques. Bref toute une époque révolue. Le style du livre est cependant trop direct, parfois sans respiration et lorsqu'à la fin l'auteur s'adresse directement au lecteur on comprends que c'était une catharsis, un appel, une tentative de rapprochement, bref quelque chose, n'importe quoi qui puisse permettre le progrès des idées.

"Elle avait peur de se voir définie par l'homme à qui elle se donnerait"

Saturday, May 30, 2015

Robert Harris - D.

Le livre, malgré son côté grand public, arrive à rendre passionnant une histoire dont tout le monde a entendu parler. Agréable à lire à part un ou deux passages, l'auteur nous emmène sur les traces de l'enquête qui a tourné autour de Dreyfus. Le colonel Picquart, le personnage principal, bien qu'ayant réellement existé est assez effacé pour permettre justement au lecteur d'être au centre des événements. C'est donc une fiction historique des plus réussies qui nous est offerte même si le côté émotionnel et humain est un peu délaissé. "Quand on ne peut plus être spontané dans l'intimité, la vie sociale devient une imposture et un effort"

Monday, May 18, 2015

John Le Carré - Une Vérité si délicate

Encore un livre décevant de John Le Carré, les personnages sont peu crédibles/réels, l'histoire bien que montrant la face cachée d'un monde sans scrupules n'arrive pas à nous emporter. Les victimes sont lointaines, peu attachantes. Ceux qu'il faut craindre font au final partie d'un système qu'on croise tous les jours. Je pense que c'est un livre qui est plus approprié pour un public américain qu'européen, un peu plus crédule. Pour ma part même si j'aime l'écriture de Le Carré en général je me suis senti gêné par le manque de puissance, de personnalité, de profondeur des personnages. Où sont passés les personnages torturés, les femmes perdues, les hommes pleins de doutes qui font quand même leur devoir. Au final ce que je reproche le plus au livre c'est d'être un reflet du monde actuel...aseptisé et sans pitié, sans idéaux.

"Enfin, la vie c'est ce qui nous reste quand il n'y a rien d'autre."

Wednesday, April 29, 2015

John le Carré - Une amitié absolue

Un livre difficile, un personnage principal sans saveur (parfait espion car ses personnalités se mélangent, il n'a pas de vrai conviction il suit les autres et se laisse imprimer par leur empreinte). Difficile aussi car ancré dans la réalité, ce moment où les gouvernements et leur appareils d'espionnages sont devenus des objets politiques et des outils pour les grandes entreprises/fortunes. Le rappel aussi que pour un gain général des gens sont prêt à tout et que les grands idéaux sont morts il y a 40 ans. Bref je n'ai apprécié le livre même si la seconde partie est prenante et qu'on cherche à découvrir ce qu'il en est mais je respecte son contenu, le Berlin des années soixante, l'atmosphère qui suivit la seconde guerre en Irak, le besoin pressant de l'amérique d'avoir des alliés pour justifier une guerre injustifiable. Bref l'argent et ses dégâts sur des hommes qui s'insurgent, qui sont perdus mais espèrent.

"Si un gamin se recoiffe en public, sauve-toi à toutes jambes"
"Il n'y a pas de demain, pas de demain comme hier en tout cas"

Friday, March 27, 2015

Rainer-Marie Rilke - Lettres à un jeune poète

Petit livre qui se compose de dix lettres réponses aux lettres de Franz Xaver Kappus qu'il ne connait pas de visu. On se retrouve face à des conseils et des leçons de vie qui devraient être lues par tous. Enrichissant, réconfortant ou grave, ces lettres sont à lire et relire.

"Presque tout ce qui arrive est inexprimable et s'accomplit dans une région que jamais parole n'a foulée. Et plus inexprimable que tout sont les œuvres d'art, ces êtres secrets dont la vie ne finit pas et que côtoie la nôtre qui passe."
"Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses."
"Une œuvre d'art est bonne quand elle est née d'une nécessité."
"Gagnez les profondeurs, l'ironie n'y descend pas."
"Laissez à vos jugements leur développement propres, silencieux."
"Ne vivez pour l'instant que vos questions."
"Presque tout ce qui est grave est difficile, et tout est grave."
"La beauté de la jeune fille, de ce être qui comme vous le dites si joliment, "n'a encore rien donné", est faite à la fois du pressentiment, du désir et de l'effroi de la maternité."
"Aussi, chez Monsieur, aimez votre solitude, supportez-en la peine et que la plainte qui vous en vient soit belle."
"Si tout ce qui est proche semble loin, c'est que cet espace touche les étoiles, qu'il est déjà très étendu."
En parlant des parents: "Renoncez à être compris d'eux. Croyez seulement en un amour, qui vous est gardé comme un bien d'héritage"
"C'est pour cela que les êtres jeunes, neufs en toutes choses, ne savent pas encore aimer, ils doivent apprendre."
"Pas plus que dans la mort qui est difficile celui qui va gravement n'aura l'aide d'aucune lumière, d'aucune réponse déjà faite, d'aucun chemin tracé d'avance."
"Mais si, à force de constance, nous acceptons de subir l'amour comme un dur apprentissage au lieu de nous perdre aux jeux faciles et frivoles qui permettent aux hommes de se dérober à la gravité de l'existence, - alors peut-être un insensible progrès, un certain allégement pourra venir à ceux qui suivront et longtemps encore après nous. Et ce serait beaucoup."
"Seules sont mauvaises et dangereuses les tristesses qu'on transporte dans la foule pour qu'elle les couvre."
"Voilà pourquoi la solitude et le recueillement sont si importants quand on est triste. Ce moment d'apparence vide, ce moment de tension où l'avenir nous pénètre, est infiniment plus près de la vie que cet autre moment qui arrive à nous dehors comme au hasard et dans le tumulte."
"La peur de l'inexplicable n'a pas seulement appauvri l'existence de l'individu mais encore les rapports d'homme à homme; elle les a soustraits au fleuve des possibilités infinies pour les abriter en quelque lieu sûr de la rive."

Friday, March 13, 2015

R.J. Ellory - Les Neufs Cercles

Ce qui s'annonce comme une enquête glauque menée tambour battant devient vite intimiste. Cette affaire de meutre qui ressurgit 20 ans après tourne autour d'un suspect insaisissable et l'on suit autant le souvenir du passé que le trouble de l'enquêteur. Tout cela avec la moiteur du sud, les souvenirs du Vietnam et de l'horreur des hommes. On se demande comment le livre peut avoir autant de page alors que l'enquête semble pietinner et lorsque la fin approche on se demande comment le livre peut-il être bientôt fini alors qu'il pourrait y avoir tant de rebondissement. Bref un livre prenant, grand public peut-être mais dans le bon sens, il nous happe et arrive à nous faire voyager dans l'esprit de quelques personnes. Le seul reproche que je peux faire au livre c'est que le titre n'a au final qu'un rapport secondaire au roman.

"Mais faire les bons choix n'était réconfortant que si le résultat en valait la peine"
"Passez du temps avec les personnes perdues et déchues, seules et oubliées, celles qui n'ont jamais réussi. C'est là que vous trouverez la véritable humanité."

Thursday, January 29, 2015

Yann Queffelec - Les noces barbares

Au premier abord c’est un livre intéressant, la société d’après-guerre est bien retranscrite, la mentalité villageoise, l’esprit d’un enfant maltraité nous parle. Mais au final en voulant faire une histoire cyclique, une histoire avec une destinée, l’auteur ne surprends plus, on suit l’évolution du gamin et arrivé à la moitié du bouquin on lui trouve un côté répétitif qui ne partira plus. Les émotions sont limitées, les événements prévisibles, il n’y a plus rien qui sortira de l’ornière jusqu’au dénouement, tragique comme il se doit. Bref ce qui commence comme quelque chose d’ancré dans une réalité termine comme une histoire anecdotique. Décevant.


"Il y eut un mouchoir blanc tel un billet d'amour silencieux"
"Ils avaient tout avalé: ..., les milliers d'instants qu'il faut passer pour ne rien vivre et de pas qu'il faut sacrifier pour aller nulle part, ils allaient s'endormir ignorants du sommeil"

Tuesday, January 20, 2015

Louis Aragon - Aurélien

Un livre profond et pourtant détaché. Un livre sur les années folles, sur ceux qui reviennent de guerre et n'attendent plus rien de la vie jusqu'à ce qu'il y découvre quelqu'un qui les change. L'échec de cet entre deux guerre, la victoire creuse, la recherche de plaisirs inutiles qui n'apportent rien, les fêtes et les mouvements artistiques de l'époque qui s'affrontent. L'amour profond, marquant, impossible face à la réalité. Tant de choses à lire et à dire. Un livre qui n'est presque rien et parle de tout mais surtout de cette époque, de ce Paris.

"...fournissait à Aurelien l'occasion de se sentir au-dessus des autres, par la conscience qu'il avait de leur inconscience."

"Si on a regardé un homme jusqu'à ne plus voir en lui que ce qui le fait différent des autres, le particulier en lui, il est bouleversant de retrouver avec d'autant plus de force qu'on l'oubliait déjà, que l'essentiel en lui c'est ce qui ressemble aux autres."

"Il eut la réaction de l'homme de tous les hommes: ils croient tous, comme cela, que dans leurs bras il y a un charme"

"-Je vous ai écrit, Aurélien, tous les jours de ma vie.
- Mais je n'ai jamais rien reçu.
- Bien sûr, puisque je n'ai rien envoyé...Jamais!"

"Le détail touchait à la misère"

"Non, je ne suis pas amoureux de ma femme, j'en suis jaloux c'est pire."

"Celui à qui vient l'amour, le grand, l'amour qui possède et ravage, se doit de faire place nette à tout ce qui n'est pas ce cyclone."

"Je vivais parce que j'étais née, c'était tout."

"On ne sait pas ce qu'il faut faire pour se faire aimer: se montrer comme on est ou mentir. On balance entre les deux. On fait les deux d'ailleurs, au hasard un peu. On se fait comme on voudrait être, comme on croit qu'il faudrait paraître et puis on se dit "Ce n'est pas moi..." On cherche à se montrer à se montrer... à son pire... à déplaire...Qui sait si ce n'est pas le moyen de plaire?"

Tuesday, December 2, 2014

René Fallet - L'amour baroque (seconde lecture)

Relecture de cette trilogie du whiskey que j'apprécie beaucoup. Dans l'ordre cette fois-ci. Le livre se décompose en trois parties et chacune à son propre ton, la découverte, le plaisir teinté déjà du goût du regret, le début de la fin avec un déchirement constant, l'incompréhension face aux gens qui refusent de vivre pour ne pas se sentir déchiré, pour ne pas perdre ce qu'ils n'ont pas et n'ont jamais eu. Et la chute, l'amertume, le fiel et la déception. On a donc droit à l'apogée et au puits sans fond à la suite. Un plaisir donc mais aussi une déchirure.

Citations:
"Le bonheur est de savoir que le bonheur n'existe pas"
"Elle était sincère, avec lui, avec moi, avec tout le monde, sauf avec elle, quoi!"
"Le plus vieux est celui qui meurt demain"
"C'est trop facile de ne pas aimer, à la portée de tout le monde, trop commode"
"J'avais sur lui l'avantage appréciable d'avoir enterré mon père, ma mère et puis, à la queue leu leu, une à une mes illusions"
"Vous vous imaginez toutes que les mots vous engagent alors que rien ne se dégage plus vite que vous."
"Je reconnaissais dans ma glace la vieille terreur des hommes: tout, y compris souffrir, y compris détruire, plutôt que d'être dupe."
"L'inconvénient de ces amours "intelligentes" voire "intellectuelles" est que nul ne s'y laisse vivre, flotter sur l'eau, dorer au soleil. Une torture s'y apaise-t-elle qu'un supplice tout neuf la remplace aussitôt."
André Hardellet: "On ne fait pas l'amour, c'est lui qui nous fait"
"Mes déceptions déjà manquaient de tact"
"Les projets sont les rêves des simples d'esprit qui ne savent ou ne veulent pas rêver"
"Rencontrer un être et le qualifier d'exception ne prouve pas d'une affection débordante envers le genre humain"
"J'ai connu des filles, en général plus jeunes, qui s'empressaient de se déshabiller comme pour prendre un bain, vous privaient des mystères qu'elles vous jetaient sans façon aux yeux, vous volent le spectacle, et le plaisir de les surprendre avec lenteur. Avec celles-là, tout est concret, à consommer sur-le-champ."
"Il n'est pas de femmes inaccessibles sauf celles qu'on aime"
"Je dois pétrifier nos gestes d'alors en un Pompéi à deux places."
"J'aurais voulu être elle pour être aimé par moi."
"Je te fleurirai, Oh tombeau de mes illusions."
"Les amoureux sont toujours en avance, toujours, dussent-ils aller sur les genoux, le ventre, les béquilles."
"Les mots, les plus vieux, les plus simples étant les meilleurs aux livres. L'usure, de même que pour les meubles, leur donne tous les charmes."
"L'espoir ne fait pas vivre, soupirai-je, loin de là. Il assassine."
"Je la voulais aussi belle aussi grande dedans que dehors."
"Gloire aux femmes qui s'ennuient, gloire aux femmes qui souffrent, le vent de l'aventure les décoiffe et leur donne la chair de femme!"
Baudelaire "Faut-il qu'un homme soit tombé bien bas pour croire encore au bonheur."
"Ces autres me déplurent, qui avaient eu bon goût sans que je fusse là"
"Elle n'est pas offerte à tout le monde la faculté de saigner."
"Je venais d'ouvrir au chagrin, et le malheur entra."
"Spécialiste de la douleur, elle s'en ferait crever."
"Ces gens qui voient toujours la poutre du bonheur dans l'œil de leur voisin."

Thursday, October 9, 2014

R.J. Ellory - Vendetta

Un début de livre prenant et très prometteur où l'enquête est le personnage principal. On passe d'une personne à l'autre on ne se focalise que sur le cadavre, la violence du meurtre, les indices. Ensuite le livre deviant plus classique avec une histoire sur la mafia qui est certes intéressante et tiens en haleine mais qui peine à surprendre. Malgré tout une bonne lecture mais qui ne garde pas le côté sombre des premières pages (qui faisaient vraiment penser à du James Ellroy ). Un peu convenu sur la fin mais on apprécie le côté humain de personnages que l'on voudrait inhumains.

"Un jour, il se réveillerait et il découvrirait qu'il aurait beau se frotter les yeux et s'asperger le visage d'eau froide, le monde lui apparaîtrait comme à travers un film gris. Les couleurs seraient plus ternes, moins lumineuses; chaque son le mettrait sur le qui-vive; rencontrer des gens deviendrait un jeu de devinettes quant à leurs motifs et leurs intentions, et il devrait se demander s'il était prêt à risquer sa vie..."
"Le plus triste dans sa mort était sa vie"

Thursday, July 3, 2014

Lois McMaster Bujold - La Saga Vorkosigan - Intégrale 1

L'intégrale volume 1 reprends 3 livres de la saga. 1) Chute libre (Opération Cay): quelle déception que cette histoire, moi qui avait de souvenirs (certes pas tout jeunes) glorieux de la saga Vorkosigan on est ici face à un roman sf basique, nunuche, simpliste et inintéressant. Alors certes à part le monde, le roman n'a rien à voir avec les Vorkosigans mais ça n'excuse pas tout. Le roman commence sur un prémisse intéressant, un ête intégre arrive pour enseigner à des quaddies (êtres créés génétiquement avec quatres bras et sans jambes pour mieux travailler en apesanteur) et ceux ci évidemment se libérent (ou tentent) du joug qui leur est imposé vu qu'ils ne sont traités que comme une expérience. Mais au final on a droit qu'à une dichotomie simpliste et un livre qui ne décolle jamais.

2) L'honneur de Cordelia : Beaucoup plus intéressant, même si toujours un peu naîf on rencontre Vorkosigan (père) pour la première fois, malgré une histoire cousue de fil blanc on a quand même ce côté exploration et d'honneur face à ceux qui n'en ont pas qui caractérise la série. Beaucoup plus agréable à lire et malgré quelques passages très bateaux (prévisibiles et gentillets) on a quand même droit à une entrée en matière plus charnue que le premier livre et on se plonge enfin dans un univers un peu plus space opéra que sf de base. De plus la fin offre une vision très humaine des choses.

3) Barrayar: On continue l'histoire du second livre mais ce sont après tout des choses plus mondaines et classiques qui se déroulent. Un peu lent, beaucoup de préoccupations féminines et un manque général de subtilité. Malgré le manque d'intérêt réel de l'histoire, Bujold est l'une des rares auteurs de sci-fi a proposer ainsi une vue féminine du monde, tout en gardant cet aspect de force qui émane des caractères. Je ne dirais pas que j'ai apprécié le livre mais la lecture est simple et agréable.

Au final ce premier tôme a quand même des relents de littérature pour ados malgré ses qualités.

"Les gens bien regardent la douleur en face. Mais les grandes âmes l'embrassent"
"Tu aurais du tomber amoureuse d'un homme heureux, si c'était le bonheur que tu cherchais. Mais non, il a fallu que tu te laisses piéger par la prodigieuse beauté de la souffrance..."

Friday, May 23, 2014

Eugène Sue - Atar-Gull

Eugène Sue a écrit un roman d'aventures maritimes en trois parties, chacune basée autour d'un personnage principal mais toutes reprenant celui d'Atar-Gull cet esclave "exceptionnel". On a donc deux parties en pleine mer et l'on sent l'expérience de l'auteur en la matière. J'ai vraiment apprécié les détails maritimes, certaines tournures sont un peu alambiquées car Sue couvre ses arrières et prends clairement ses distances de ce que disent ses personnages pour éviter toute éventuelle poursuite (le livre ayant été écrit en 1831). La troisième partie n'est qu'une longue conclusion.

Je ne sais trop que penser de cette lecture, certes j'ai voyagé dans un monde qui n'existe plus et qui est crédible mais tout est écrit un peu trop naïvement. L'histoire n'a au final pas d'importance, les personnages eux en ont. Le point intéressant soulevé par le roman vient surtout du pirate sanguinaire qui la nuit sous les effets de l'opium rêve d'un monde où tout est beau et lui se retrouve dans le rôle du héro qui fait des cauchemards (la réalité). Et l'on se demande au final qu'en est-il d'un homme qui cauchemarde sa vie, rêve sa bonté et au final passe plus de temps à voir des choses fantastiques en rêve que n'importe quel autre homme normal. Que devient un homme qui est bon la nuit et horrible le jour si sa perception de la réalité est inversée. Un être exceptionnel comme dit Sue (sans être bon pour autant).

"...ce vieux Grec...prophétisant l'avenir de cette nation, qui fut toujours un moyen ou un prétexte dans les mains des puissances européennes."
"Hélas ! Chaque heure dans la société ouvre un tombeau et fait couler une larme." (Chateaubriand)
"Les oiseaux les plus doux ne nichent qu'avec une compagne, l'aigle prend seul son essor, la mouette et les corbeaux se réunissent en troupes sur les cadavres comme font les mortels." (Byron. "Don Juan")
"Rien n'est vrai, rien n'est faux. Tout est songe et mensonge." (De Lamartine "Harmonies")

Wednesday, May 14, 2014

Jean-François Parot - L'homme au ventre de plomb

Voici une autre enquête de Nicolas le Floch, jeune inspecteur prometteur à Paris durant le règne de Louis XV. Le contexte historique est très plaisant, l'écriture légère et agréable (malgré quelques coquilles et répétitions ici et là), l'auteur connaît bien son sujet. Malgré tout je suis un peu déçu par cette enquête qui use un peu trop des coups du sort et manque parfois de profondeur. De plus, avec un titre si tapageur on se serait attendu à ce que le livre utilise plus ce fait extraordinaire ou en fasse une partie plus centrale de l'intrigue. L'utilisation de certains gadgets rendent aussi parfois les personnages un peu ridicules mais au final on apprécie de se plonger dans les effluves de l'époque. Mention spéciale aux mets si bien décrits qui donnent l'eau à la bouche. Bref si, malgré une enquête en demi teinte, je compte bien suivre d'autres aventures de Mr Le Floch, ne fut-ce que pour le bon dans le passé.

"Le devoir des juges est de rendre la justice; leur métier, de la différer. Quelques-uns savent leur devoir et font leur métier!"

Tuesday, April 8, 2014

René Frégni - Sous la ville rouge

Un concentré de rage, de révolte, de passion et de solitude en un seul personnage qui déambule dans le quotidien de Marseille. Puissant et anecdotique à la fois, cette rage d'écrire fascine. Le livre est court mais prenant, touchant. Frégni offre la fluidité des mots dans un monde intime. On aimerait en avoir plus.

"Quand tu t'appelles Patrick que t'as l'accent ch'ti et que tu prends quinze ans c'est que tu ne tournes pas rond."

Thursday, April 3, 2014

René Frégni - La Fiancée des corbeaux

Un petit livre sous forme de journal qui pourrait être totalement anecdotique mais touche en fait tellement de sujets. On apprends, on voyage, on respire. La plume de Frégni est légère, presque sournoise comme elle vous mène d'un chemin à un autre. Que l'auteur parle du temps ou de ses lectures on voyage. Qu'il parle de son voyeurisme rêveur ou de la relation avec sa fille on sourit à ses propres envies, ses propres tares et manque. C'est un livre humain, de l'instant qui dure. Et somme toute un livre qui contemple, j'aimerais moi aussi m'assoir à une terrasse de café différente chaque jour. Douce lecture.

"Il y a cent ans que je fais le marin sauvage sur tous les chemins. Il n'y a plus rien dans les hameaux et dans les plaines."
"Plus qu'aux autres, on se ment à soi-même. Papa lui mentait au monde entier, il lui faisait des promesses."

Thursday, March 27, 2014

Ian C. Esslemont - Return of the Crimson Guard

Same world as Erikson's, the Malazan empire/world. Esslemont proves with this book that he can keep up with his friend/co-author. In a way he is even better at writing, it's more fluid, better structured, more agreable a read but the counterpart is that it's slightly less deep, complicated and thus surprising.

Here as well the deus ex machina are aplenty, a bit too much even, a bit too easy to solve some situations, oh I'm done with this character here instead of letting him go I'll teleport him at the other side of the world for that big battle here. No point really, the inability to let go is annoying. But the book is a good read, very enjoyable and aside of a few characters whose names are too much alike "coots, cowl, cools, etc..." you really get to like some characters (or dislike some others). However like Erikson's the characters tend to not change course during their adventures. They are Tools. But the malazan books have never been character centered, hero centered maybe but not characters.

I'm actually looking more forward to the next book by Esslemont than by Erikson right now, for some reason I still believe he can surprise the reader even if I don't think he'll be able to reach as deep emotionaly as Erikson already did. I also enjoyed the return to the more gritty warfare of the first books, some répétitions in the battles but overall quite a nice read.

"- I blame the drink, sir.
- You wouldn't have any of it left, would you?
- Used it to poison the enemy, sir
- And a sad waste it was too
- The bottle got a promotion out of it though, sir"

Tuesday, February 25, 2014

François Weyergans - La démence du boxeur

Partant sur un ton léger, Weyergans nous livre ici un hommage touchant au cinéma et au temps qui passe. Un livre agréable à lire dont on attends pas grand chose mais qui ouvre une fenêtre sur les souvenirs d'enfance vu de loin et sur la folie d'un retour aux sources. J'ai moins aimé les details des rapports entre le personnage principal et son fils qui sont un peu artificiels, trop aisés. Mais le livre reste une balade.

"Un rêve qu'on ne peut raconter à personne est comme une fleur qui ne s'ouvre pas"
"Enterrer quelqu'un...c'est le faire mourir une deuxième fois, c'est lui donner la mort qu'on trouve qu'il aurait dû avoir, une mort selon les règles, rassurante, irréprochable pas une mort bâclée comme elles le sont toutes avant que les rites ne viennent mettre un peu d'ordre dans leur débraillé"
"Je te souhaîte d'être chêne plutôt que hêtre"

Wednesday, February 12, 2014

Steven Erikson - Toll the hounds

As usual getting in an Erikson's book is hard for me, the first 300-400 pages I don't get what happens exactly or who is who. I recognise some characters of course just not all of them. Thank god the book is 1200 pages long so I still have time to enjoy it. I have to say that this one is one of my favorite. Not for the story which is maybe a bit less good and has many slow/useless moments (really the Trygalle guild and Gruntle's story is useless and most of Nimander's journey looks like a filler or a side quest in an rpg) but mostly for the characters who this time have much more substance. Not all of them still and most will keep their line of conduct but there are enough shaddy characters for things to be satisfying. Also the authour finally touches a bit more at the philosophy of life, the uselessness of things which is good in such an epic book with events that touches so many at the same time.
The least good however for me was the "lyrical" attempts, the moment when the author tries to address the reader ("let's leave them at that shall we") or provides a short overview of several persons in a short burst that looks artificial. There was no need to make it look like an eye flying over the city, it's not attached to any character and look very cheesy. On the other hand I won't complain about the Deus ex machina principle that is used and overused (smartly) by Erikson, it could as well be the central axis of the book, the gods meddling. But it's still maybe too manichean, even if everyone does things for himself and has an hidden agenda in the end you find two sides and one winner. Now the good thing is that we never know the cost to reach that point and that's was an enjoyable read.

"When it is all one can do to simply hold on, then to suffer is to weather a deluge no god can ease"